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Intervention de Philippe VASSEUR, séance plénière du Conseil Général du Pas-de-Calais consacrée au budget 2011 - Lundi 7 février 2011
- « Trois et deux font cinq. Cinq et sept douze. Douze et trois quinze. Quinze et sept vingt-deux. Vingt-deux et six vingt-huit.. Ca fait donc cinq cent un millions six cent vingt-deux mille sept cent trente et un !
- "Cinq cent millions de quoi ? "
- "Cinq cent millions de … je ne sais plus…. "
Vous avez sans doute reconnu dans mon propos un extrait du Petit prince, lorsque celui-ci visite la quatrième planète, celle du businessman.
Et bien, Monsieur le Président, chers collègues, je dois vous avouer avoir craint à la fin de l’année dernière, que le Conseil général ne devienne un satellite de cette quatrième planète décrite par notre cher Antoine de Saint-Exupéry.
Ma crainte, rassurez-vous, fut brève, tant il me semble que la capacité et la volonté de la majorité départementale à garder le cap du projet, le cap de la solidarité, le cap de la proximité est forte.
Si elle fut brève, ma crainte ne fut cependant pas sans fondement, tant il apparait aujourd’hui évident que la volonté du gouvernement est de transformer le Conseil général en agence administrative départementale, qui telle le businessman de Saint-Exupéry ne saurait rien faire d’autre que compter : compter des bénéficiaires du RSA, de l’APA, des hectares d’espaces naturels sensibles, des kilomètres de route, des choux, des carottes, des moutons, … car s’il s’agit de compter... peu importe ce que l’on compte.
De ce point de vue, le Budget qui nous est présenté aujourd’hui me rassure. Il démontre que les conseillers généraux de la majorité départementale ne se sont pas affranchis du mandat qui nous a été donné par les habitants du Pas-de-Calais.
Parce que les habitants de nos cantons nous connaissent, parce que nous les connaissons, parce que nous nous sommes apprivoisés mutuellement, tel le renard et le Petit Prince, ils savent qu’ils peuvent avoir confiance dans leurs conseillers généraux.
Le vote du budget en sera une nouvelle fois la démonstration. Il sera l’occasion de réaffirmer notre confiance dans l’exécutif du Conseil général, de son Président et de la majorité départementale.
Cette année encore nous aurons donc tenu nos engagements à l’égard des habitants du Pas-de-Calais. Mais le pourrons-nous encore longtemps au rythme où vont les choses ? Alors, il me semble, qu’en cette année électorale, qui sera suivie par une autre année électorale, nationale celle-là, j’invite chaque habitant du Pas-de-Calais, chaque Conseiller général à regarder le ciel et à se demander comme Saint-Exupéry : « Le mouton, oui ou non, a-t-il mangé la fleur ? » et de conclure « Et vous verrez que tout change… »
Pour mémoire, je précise que dans le Petit Prince, la fleur est une rose. Qu’une rose peut également être rouge, verte, jaune ou bleue, mais c’est beaucoup plus rare ! Et que le mouton, même quand sa bergerie est un palais, mange dans la main de celui qui le nourrit et que ce dernier est bien souvent le Businessman qui habite la quatrième planète, celle sur laquelle un homme vaut un choux et où 1+1 ne font jamais 3, car la solidarité y est un gros mot.
Pendant l’égrenage, un peu soporifique des chiffres de notre budget et des économies à réaliser, je suis sorti quelques minutes pour répondre à un appel téléphonique et sacrifier au seul défaut qu’on me connaisse (sic) : le tabagisme… Et sur le parvis du Conseil Général, une jeune fille sur une affiche me regardait et m’intima un ordre express : « Imaginons un monde meilleur ! »
C’est pour cela que j’ai décidé un jour de m’engager dans la vie politique. Si je suis un économiste, je refuse de devenir un simple comptable administratif aux ordres d’un gouvernement lointain, irresponsable, impersonnel.
Alors, mes chers collègues, avec le petit Prince, je vous rappelle et je n’oublierai pas « qu’on ne voit bien qu’avec le cœur »… !