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Je mesure la souffrance des instituts de sondage ce week-end qui peinent à saisir la volonté et les choix des Français pour ce premier tour des élections présidentielles qui est tout proche maintenant.
Les thèmes sont multiples, les candidats ne rivalisent plus sur des thèmes pré-choisis par l’histoire ou l’actualité immédiate et tous les politologues ont l’air perdu.
Les sondages annoncent des écarts de 3 à 9 points entre Ségolène Royal et François Bayrou, Le Pen entre 9 et 14%. Heureusement commencent à se détacher les deux favoris du second tour, ce qui semble rassurer tout le monde…
Pourtant le taux des indécis reste fort et la participation au premier tour dimanche prochain devrait être la plus forte depuis longtemps. Ce qui complique leurs prédictions !
Et si la réponse était que les Français ont décidé de prendre leur destin en main ? De jeter par-dessus bord les influences des experts qui ont pris l’habitude de disséquer leurs comportements et leurs prétendues aspirations, voire, comme les partisans du non au referendum de 2005, de revendiquer une homogénéité politique qui n’a jamais existé que dans les souhaits de rétablissement d’un parti communiste moribond et d’une extrême gauche captatrice et vindicative.
J’écrivais à propos de ce referendum que l’Europe avait fait les frais de la surdité présidentielle et du cynisme de la droite au pouvoir. Mais aussi d’une certaine gauche irresponsable. Pour moi les Français avaient avant toutes choses crié ce NON comme un dernier avertissement à un gouvernement et à la politique menée ces dernières années et comme un appel à la mobilisation des consciences et des cœurs pour une France plus juste, plus forte, plus libre et plus solidaire.
Le traumatisme de l’arrivée de Le Pen en 2002, ce referendum inutile et mutilant la voix de
Dans ce domaine la responsabilité d’un certain nombre de dirigeants de gauche, dont certains socialistes est énorme. Ceux là ont fait passer leur intérêt personnel avant l’intérêt général des Français, de l’Etat et de
Ségolène Royal se débat encore au milieu de ces chausses-trappes semées par nos amis. Et ce ne sont pas Michel Rocard ou Bernard Kouchner qui vont résoudre ces contradictions en compliquant encore un peu plus le jeu.
Or je crois réellement à une très bonne surprise dimanche prochain pour Ségolène Royal qui je l’ai écrit a su trouver la voie des cœurs autant que les esprits des Français. Elle a pris le temps d’écouter puis de valider ses propositions dans le monde réel et quotidien des hommes et des femmes de notre pays.
Nos concitoyens sont devenus plus méfiants, plus exigeants aussi et mieux informés.
On ne leur fera plus prendre des vessies pour des lanternes ou pour des lendemains qui chantent dans le vide.
Si Lionel Jospin en 2002 en se trompant de rythme, en choisissant délibérément de faire une campagne de 2ème tour, ouvrait la voie à la démagogie et déstructurait l’affrontement à venir et le débat au sein du parti socialiste, Ségolène Royal a compris qu’il fallait faire reposer son pacte présidentiel sur la volonté individuelle et l’expertise collective.
Je ne retire pas un mot de ce que j’écrivais en 2002 : « La reconstruction de la gauche n'est pas seulement une affaire de formulation de propositions et de nouvelles alliances, elle implique d'en revenir à une pensée libre, en dehors des anciens schémas comme des nouveaux conformismes. Nous devons désormais être prêts à gouverner
Ségolène Royal l’a compris et je pense que les Français l’ont entendu. Nous pourrons être fiers de notre future Présidente de