| Février 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
|
||||||||||
Par respect pour tous ces dentelliers anonymes qui tels ma grand-mère (qui travailla, à la pièce, comme écailleuse à domicile) ont perdu leur emploi ou le perdront encore
du fait d’une gestion patronale archaïque et indigne, je ne me joindrai pas aujourd’hui aux VIP invités à l’inauguration du musée de la dentelle et de la
mode.
Je serai aux côtés de ceux qui pensent que la dentelle est un produit magique né de l’esprit et des mains fragiles d’hommes et de femmes avant que d’être une technique et des machines.
Ce sont eux, ces hommes et ces femmes qui donnent une âme à ces monstres de métal, ces métiers-machines dont je garderai à jamais le cliquetis dans les oreilles.
A tous les esquisseurs, dessinateurs, presseurs, bobineurs, ourdisseurs, remonteurs, mécaniciens, wheeleurs, tullistes, raccommodeuses, effileuses, écailleuses, je dis Calais vous aime et vous a fait un musée que nous irons visiter ensemble après que les VIP auront quitté la place pour admirer ce bâtiment et pleurer sur notre richesse passée.
Aux pieds de la statue d’Emile Salembier, maire socialiste de Calais qui a toujours été aux côtés des ouvriers de la dentelle, je penserai à toi Marie-Jeanne et à ce tulle blanc qui te couvrait les jambes sur lesquelles j’aimerais encore m’asseoir.