Par Philippe VASSEUR
Mercredi 28 janvier 2009
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J'ai réuni hier un certain nombre d'amis et d'acteurs de la vie associative, économique et politique locale.
Autant le froid qui régnait dehors et à l'intérieur du chantier naval de la FRCPM nous a un peu figés, autant la chaleur amicale était au rendez-vous.
Je reproduis ci-dessous les quelques mots que j'ai prononcés.
C’est dans les moments difficiles, dans les temps de crise que les notions de solidarité prennent tout leur sens.
Nous vivons dans une région qui n’a pas fini sa reconversion industrielle, qui cherche encore à définir les axes les plus pertinents et les plus harmonieux de son développement qu’on voit poindre
aujourd’hui une nouvelle crise qui va détruire encore plus d’emplois et rendre des familles entières plus dépendantes et plus fragiles.
J’ai déjà pu souvent dans le Calaisis vérifier l’écart entre les paroles et les actes. Ce que j’appelle la théorie du contre projet qui tend à démolir ce que l’autre essaie de bâtir. Je ne
donnerai pas ici d’exemple car ce n’est pas mon propos ! Mais j’attends de chacun à Calais qu’il mette ses actes en conformité avec ses discours.
J’ai plutôt l’envie de vous présenter ce qui marche, ce qui reste à construire pour qu’ensemble nous puissions nous retourner sur le travail accompli et sur les projets réalisés que sur les
responsabilités passées ou les manques de notre territoire.
Tous les acteurs que vous êtes, à des responsabilités et des titres divers, savez qu’il est dur et compliqué d’impulser des projets, de les porter et de les réaliser.
Je vous ai invité ce soir à partager ce moment d’amitié au sein du chantier naval de la FRCPM, une association, une fédération, de plus de 50 associations qui a appris à travailler en coopération
avec les partenaires les plus divers. Qui développe, au quotidien, son objet social et qui s’inscrit totalement dans les territoires où elle intervient. Avec les villes (Dunkerque, Boulogne,
Calais, Armentières, Saint Omer, Wissant…), les collectivités (CRNPDC, CG62, La terre des 2 Caps, la CAC…), la CCI de Calais (avec qui nous avons réalisé Calais Port 2008 et en 2009 le village du
patrimoine de la Calais Round Britain Race), avec les professionnels du secteur comme la fédération maritime…
Cette reconnaissance de la compétence d’une équipe ne serait rien si nous ne la mettions pas au service de tous. Le chantier naval, ce que nous appelons le centre technique du patrimoine de la
FRCPM porte aujourd’hui depuis bientôt un an un chantier école qui permettra à une quinzaine de stagiaires de retrouver de l’emploi après une phase de réapprentissage encadré chez nous…
Cette action mérite d’être soutenue voire amplifiée et nous verrons bien qui est fidèle à la parole donnée à l’heure des bilans de a FRCPM.
J’ai invité ce soir d’autres structures et de nombreux acteurs qui œuvrent dans le même sens… Redonner du sens et de l’efficacité à nos actions. Amener une plus-value sociale à nos activités
économiques et touristiques.
Je pense bien sur à Inseraction 62 que je préside depuis plus de 10 ans et qui, petit à petit, est parvenu au niveau des plus grands, non pas parce qu’elle brille dans les colloques ou les
cocktails mais parce qu’elle reçoit chaque jour des entreprenants, des créateurs, qui ont besoin d’argent pour investir et créer leur emploi et ceux de leurs salariés. Depuis 10 ans, ce sont des
milliers d’emplois non délocalisables qui ont vu le jour grâce à une petite équipe motivée qui ne bénéficie pas de stocks option ni de bonus, ni de parachutes dorés. Nos objectifs cette année
sont ambitieux avec de nombreux projets, après tous ceux de 2008, particulièrement auprès de l’artisanat en coopération avec la chambre de métiers et la région Nord-Pas-de-Calais. Nous
fourbissons nos boites à outils chaque jour pour plus d’efficacité et les succès sont là.
Je pense à mes amis de Calaisis Initiative, de l’ADIE, de la Caisse Solidaire avec qui nous avons créé il y a 12 ans FINENSCAL boulevard Gambetta. (Association des financeurs de l’économie
sociale et solidaire dans le Calaisis). Vous ne nous voyez pas tous les jours dans les media, mais telles des fourmis nous engrangeons chaque jour des résultats et aidons à créer des emplois que
beaucoup voudraient bien récupérer dans leurs statistiques (certains ne s’en privent pas d’ailleurs). Seul le résultat compte….
Avec les consulaires, nous avons impulsé Force Calaisis et je pense qu’il sera temps en 2009 de recadrer ses missions avec l’arrivée de la Maison de l’Emploi qui ne doit pas servir d’alibi à
quiconque pour affaiblir les associations qui continuent avec peu de soutiens locaux à mener à bien leurs activités.
J’ai déjà dit que je croyais avant tout à l’entreprenariat et à la création d’emplois. Cela finira à l’avenir par supplanter, dans l’imaginaire collectif, la recherche de la plus-value immédiate
sur des marchés boursiers dématérialisés et volatils voire «désincarnés ». Les loups de la finance aride et stérile ont prouvé leur incompétence avec la crise que nous vivons.
Avec la Caisse Solidaire et tout le mouvement de l’économie sociale et solidaire, nous travaillons à créer encore et toujours de l’emploi (le secteur de l’ESS = 26 000 entreprises et 100 000
emplois en Nord-Pas-de-Calais. Avec en tête un objectif supplémentaire, l’éthique et le développement durable.
Encore faut-il que chacun joue le jeu car je pense que toute personne a le droit de travailler et a droit à de bonnes conditions de travail et à des revenus suffisants pour pourvoir à ses besoins
économiques, sociaux et familiaux, un droit qui devrait être renforcé moyennant des salaires minima adéquats. Mais je pense aussi à ces patrons de PME qui sont chaque jour mis dans le même sac
que les multinationales ou les traders fous du CAC 40.
Ce n’est pas ma vision des choses et ceux qui viennent me solliciter le savent bien. Chacun à notre place, nous nous sommes engagés à jouer le jeu, à participer aux différents plans concoctés par
les institutionnels. SRDE, PLDAIE, PLDE,PLIE, etc… Mais nous ne servirons de caution à personne si leur implication n’est pas avérée. L’indépendance de la vie associative est garante d’une
certaine efficacité portée par l’implication et la compétence de ses membres. Certains voudraient la réduire à des faire valoir ou contrôler leur interventions dans l’espace public. Je leur
souhaite bien du courage.
Ce n’est pas la volonté de l’institution départementale où je représente les Calaisiens depuis 1998. J’ai là la liste des aides, subventions et autres ressources affectées aux associations,
établissements et entreprenants de mon canton par le Conseil Général du Pas-de-Calais en 2008. Je vous en épargnerai la liste, ce serait trop fastidieux. Peut-être les media locaux en feront-ils
un résumé. Je la mettrai en ligne sur mon site internet qui est de plus en plus consulté, ce dont je me réjouis.
Avec le Conseil Général, avec la convention de développement durable avec la CAC ou la convention avec Eurotunnel que Dominique Dupilet est venu présenter récemment à Coquelles, ou encore les
accords que nous prendrons avec les collectivités du Calaisis pour les JO de Londres en 2012, nous nous tournons vers l’avenir avec 3 objectifs : la solidarité, l’emploi et le développement des
territoires. …
Dans tous nos domaines de compétences ou avec nos compétences volontaristes, nous impulsons, nous accompagnons, nous bâtissons…
De même les associations, les organismes que je préside ou dirige n’ont qu’un mot à la bouche : l’emploi, l’emploi, l’emploi et comment faire pour que le Calaisis et la région redémarrent, créant
les conditions d’un meilleur avenir pour tous.
Pour 2009, je vous présente à tous mes vœux de réussite et donc tout particulièrement aux associations du Calaisis, à leurs bénévoles et leurs permanents. A tous ceux qui ont des convictions et
qui n’en changent pas tous les jours, le nez vissé sur leur déroulement de carrière, à tous ceux et celles qui vivent leur idéal au service du plus grand nombre.
Bonne année !