Par Philippe VASSEUR
Jeudi 21 juin 2007
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Les militants et les sympathisants
socialistes assistent actuellement à une « danse macabre rue de
Solférino » comme l’écrit Christian Sautter.
Les éléphants barrissent, les lions rugissent, les loups guettent leurs proies et la sarabande des écuries présidentielles et des courants reprend de plus belle. La synthèse du congrès du Mans
est en train de voler en éclats sous les coups de boutoir de quelques caciques ou jeunes loups qui se positionnent pour prendre le pouvoir.
Le pouvoir pour faire quoi ? Ce devrait être la première question à nous poser et les réponses pertinentes ne pourront qu’être collectives et certainement pas
le résultat d’une nouvelle aventure personnelle d’un nouveau sauveur suprême autoproclamé.
Aucun rendez-vous national ne nous contraint à anticiper nos rythmes de réflexion et de désignation de nos instances. Les élections municipales, cantonales, sénatoriales de l’année prochaine ont
besoin de l’accalmie nécessaire aux débats de proximité au plus près des préoccupations locales. Il semble au contraire que les jeux d’appareil nationaux vont encore intensifier sur le terrain
les dissensions réelles ou factices qui scinderont une fois de plus nos sections en clans revanchards.
Si on peut comprendre les frustrations individuelles de certains qui, ces dernières années, attendaient le poste promis ou convoité dans un futur gouvernement, ou le poste républicain suprême
pour une poignée, on ne peut pas accepter que des visées carriéristes personnelles mettent à mal ce parti qui a besoin de se ressourcer mais aussi d’innover et d’enthousiasmer sans aucun
autre a-priori que les valeurs sur lesquelles il est fondé.
Quelques sages pourront peut-être remettre un peu de cohérence dans ce fatras. Je compte personnellement sur Jack Lang, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Khan pour faire preuve de l’intelligence et de la clairvoyance
indispensables pour redresser la barre qui s’est un peu relâchée dans les mains des barreurs officiels.
Si on peut penser qu’il sera nécessaire d’aguerrir l’équipage, de le rajeunir, de le féminiser, de l’ouvrir plus pour coller à la réalité de notre société, il demeure évident que le cap reste à
définir et cela ne pourra se faire que si personne ne tente d’instrumentaliser la rénovation à réaliser.
Car je voudrais rassurer les nouveaux militants ou les sympathisants qui sont venus renforcer nos rangs ces derniers mois. Ces luttes internes ne sont pas la guerre civile. Les militants et les
élus socialistes ont l’habitude de débattre de propositions contradictoires. C’est aussi une de nos forces au Parti Socialiste que de pouvoir nous affronter afin de résoudre les contradictions
qui apparaissent.
Localement à Calais des divergences sont apparues sur la stratégie à adopter pour les futures municipales. Alliance de toute la gauche au premier tour ou rassemblement après une validation
électorale du poids de chacun au second tour.
Je pense personnellement qu’un rééquilibrage est nécessaire au profit du parti socialiste qui peut faire valoir des résultats et des projets nouveaux. Le bilan de la municipalité actuelle est
valorisant sur de nombreux points et nous saurons le mettre en valeur.
Cependant, le fonctionnement démocratique des instances municipales reste à démontrer, les équilibres fonctionnels doivent être repensés sur des bases nouvelles entre les représentants de la
gauche calaisienne pour répondre mieux aux défis qui sont devant nous. Il ne suffira pas de faire valoir la défense de l’emploi ou des services publics battus en brèche par la droite pour faire
adhérer à notre programme.
Il nous faudra créer les conditions du développement des emplois de demain, renouveler le management de nos services, repenser nos interventions sur l’ensemble territorial et nos partenariats
avec les autres collectivités publiques et l’Etat.
Tout cela se fera sous le contrôle des militants et je l’espère sous le regard bienveillant de nos instances fédérales et nationales. Notre responsabilité collective est évidente et ceux
qui, à l’extérieur du PS, rêvent de dissoudre notre unité militante en seront pour leurs frais.
Avec Charles François, avec Gilles Cocquempot, avec Jack Lang, j’y mettrai localement toutes mes forces. L'espoir est là et le chantier est immense. Il faudra
donner à notre processus de rénovation le temps nécessaire, il aura besoin de toutes les bonnes volontés.
C’est à l’aune de nos convictions, de notre unité, de nos projets et de nos réalisations que nous serons jugés par les Français.