Par Philippe VASSEUR
Jeudi 10 mai 2007
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«Disons nous et disons à nos enfants que tant qu'il restera un esclave sur la surface de la Terre ,
l'asservissement de cet homme est une injure permanente faite à la race humaine toute entière.» (Victor
Schoelcher)
Le 10 mai est désormais la journée choisie pour célébrer l’abolition de l’esclavage.
Cette réalité qui perdure malheureusement sous des formes moins visibles a évolué au cours des siècles.
L'esclavage a été pratiqué dans l'Antiquité avec les prisonniers de guerre. Au début du Moyen Âge, les arabes faisaient une grande consommation
d'esclaves blancs aussi bien que noirs vendus par les Vénitiens. Au XVIe siècle, la colonisation de l’Amérique a suscité de nouveaux besoins de main-d'oeuvre. Les Européens ont alors fait venir
des esclaves d'Afrique.
Cette traite d’hommes et de femmes jugés inférieurs, ont créé les bases du développement du racisme et du mythe de la supériorité de la race
blanche.
Aboli progressivement à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle dans les États américains et les colonies européennes, l’esclavage n’a jamais
réellement disparu. Après la Seconde Guerre mondiale, l'influence des idées démocratiques a conduit à son abolition dans l'ensemble des pays du monde. Les derniers pays à l'abolir officiellement
ont été l'Arabie Séoudite en 1962 et la Mauritanie en... 1980.
Il n'empêche que l'on assiste en ce début du XXIème siècle à un retour de l'esclavage dans de vastes parties de la planète. D’autres formes sont
apparues, moins évidentes sur le continent africain et en Asie. Partout dans le monde les populations immigrées ou déportées gonflent les ateliers clandestins ou les exploitations agricoles. En
2001, la presse a révélé au grand jour la résurgence du travail servile sur le continent noir et fait état de bateaux chargés d'enfants dans le golfe de Guinée. En Côte d'Ivoire, au Gabon ou
encore au Ghana, de petits planteurs et des artisans profitent ainsi de l'extrême misère de certaines contrées pour acheter des enfants à vil prix à leurs parents.
L'aggravation des conditions sociales et le racisme sont malheureusement les ferments d’un esclavage moderne que cette journée particulière peut
permettre de réveler. Le combat contre l'esclavage n'est en rien achevé et il serait pour le moins malheureux d'en parler comme d'une affaire du passé.
Voir des témoignages vidéo sur le site de Serge Bilé, Paroles d’esclavage :