Comme chaque année, à la même époque, j'ai invité des Calaisiens à un pôt amical où j'ai pu présenter ma vision de
l'actualité.
(extraits de mon discours)
Je vais d’abord faire mon mea culpa. Ceux qui lisent la presse savent de quoi je parle…Les autres ne tarderont pas à en entendre parler…
Je sortais d’un rendez-vous important dans une banque où j’avais pu aider des Calaisiens dont
je tairai le nom par discrétion - à négocier un contrat important. Des calaisiens entreprenants qui se battent pour développer leur emploi et ceux de leurs futurs salariés et j’ai rejoint après
avoir célébré notre réussite par une courte libation (première erreur) des amis à qui j’avais promis de passer à l’occasion d’un anniversaire. (deuxième
erreur)
J’aurais du rentrer à pied, me faire ramener, prendre un taxi, aller dîner en ville avant de rentrer. Soit !
Je n’ai pas créé d’accident… !
« Pas encore » dira peut-être Alexis Thomassin ! Et il aura raison…
Ma contrition s’adresse d’abord à tous ceux qui ont perdu un enfant ou un proche à cause de chauffards alcooliques. Cependant, à
l’inverse de ce qui a été écrit, je ne fais pas partie de ces adeptes du « conduisez bourrés » dont parlait récemment le président de la Ligue contre la violence routière. J’ai été pris
en faute, je le regrette sincèrement et cela me servira de leçon. Je vais marcher un peu plus avant de recouvrer le droit de conduire et ça ne me fera pas de mal. Je vous invite d’ailleurs dès à
présent à trinquer à l’eau, au jus de fruit ou à marcher en rentrant. Il y a dans l’assemblée de ce soir quelques capitaines de soirée prévus par moi. Venez me voir avant de rentrer, ne
faisons pas la Une des journaux demain par un accident survenu après mes vœux occasionné par l’un d’entre nous.
Fallait-il annuler notre rendez-vous de ce soir et nous priver de ce moment convivial que j’organise chaque année ? Je l’ai
pensé un moment et j’ai décidé au contraire de ne pas me priver de votre affection et de votre présence à tous. Dans ces moments difficiles, l’amitié reste le cadeau le plus gratuit et le plus
beau quand il est sincère. Merci à vous d’être là. Merci à notre hôte de nous accueillir dans son nouvel espace qui fleure bon la tradition maritime de notre ville.
Chaque année, à l’occasion de ces vœux, c’est pour moi le moment de vous présenter un bilan des mes actions associatives ou
politiques personnelles. De remercier ceux qui, bénévoles ou salariés, mettent en œuvre les projets que nous avons conçu, élaboré et décliné. Tous ces acteurs, opérateurs, entreprenants,
militants qui ne baissent pas les bras mais apportent leur pierre à un édifice toujours branlant, toujours à reconstruire ou à consolider, la société des hommes et des femmes en général et l’être
humain en particulier.
Le respect que nous devons à la personne humaine en général interdit le dénigrement ou l’agression physique ou psychique alors
que nous voyons bien autour de nous que notre société ne porte que difficilement ces valeurs de fraternité inscrit au frontispice de nos bâtiments nationaux ou communaux. Les gens réagissent
négativement à ces agressions et la spirale s’enchaîne.
La première de ces agressions pour moi homme politique de gauche reste et demeure le chômage et ses corollaires :
difficultés à nourrir sa famille, à élever ses enfants, à se loger, à se projeter dans l’avenir, à se bâtir une vie quotidienne apaisée sans crainte pour le présent et sans peur du lendemain. Au
cœur des valeurs de la gauche, il y a l’égalité des citoyens qui pour nous socialistes n’a jamais fait l’impasse sur leur désir d’autonomie, de liberté et d’épanouissement
individuel.
Tout l’art du politique, dans les décennies à venir, consistera à résoudre cette contradiction apparente: concilier l’individu et
le collectif ou plutôt partir de l’individu sans renoncer au collectif et organiser les moyens d’une « efficacité sociale ».
Or on sait que l’égalité entre les citoyens aujourd’hui n’est pas garantie et ce n’est pas le gouvernement actuel qui fera
évoluer les choses dans le bon sens. Le gouvernement continue d’accroître sa pression sur les Français et sur les collectivités territoriales.
Il n’est pas indifférent d’avoir un emploi ou de disposer de revenus de transfert, de bénéficier d’un CDI ou d’évoluer dans
l’univers des CDD, de travailler dans une grande entreprise ou dans une PME, dans une zone tirée par la mondialisation ou frappée par la désindustrialisation comme le Pas-de-Calais, dans le
secteur public ou dans le secteur privé.
L’égalité réelle, c’est d’abord l’égalité des droits, la lutte contre les discriminations territoriales, sexistes, raciales,
générationnelles mais c’est surtout la lutte contre la reproduction sociale qui demeure réelle.
Alors oui je suis fier d’être de gauche et d’être socialiste. Loin d’être résignés, nous voulons avant tout transformer notre
ville et notre monde. Notre soif de justice et de liberté, cet humanisme qui conduit à reconnaître en chacun un égal, nous guide dans nos actions concrètes.
Si nous persistons à vouloir réguler le capitalisme financier, nous savons depuis longtemps que la liberté d’entreprendre est
source d’efficacité économique et créatrice de richesse.
C’est pourquoi je salue ici mon équipe du groupement d’intérêt public INSERACTION qui tous les jours donne la possibilité à des
bénéficiaires de minima sociaux d’entreprendre pour eux-mêmes et pour les autres.
Ce sont des milliers de RMISTES, de chômeurs qui se sont remis au travail par leur propre volonté et l’aide que nous avons pu
leur apporter.
Avec notre réseau France Active c’est en 2006 presque 13 000 emplois créés en France. Notre travail de fourmi porte ses
fruits car les capitaux que nous apportons créent des emplois de proximité, non délocalisables et qui retissent, pas à pas, maille par maille, le lien social qui manque dans chaque
territoire.
Avec la FRCPM, nous valorisons notre patrimoine culturel, nous retrouvons les racines qui font qu’à l’heure de la mondialisation
et de la globalisation des échanges, les gens ont besoin de partager une histoire commune, de retrouver leurs racines pour pouvoir se tenir debout, fiers et droits. Le Nord Pas-de-Calais a
souffert et souffre encore. Et bien, tout doit être mis en œuvre pour qu’il se relève.
Ici grâce à tout un faisceau de partenaires nous allons faire revivre le chantier naval pour la restauration des bateaux du
patrimoine. Faire revenir sur nos cotes des navires qui sont partis à l’étranger faute d’entretien ou d’argent et les mouiller au grand jour, toutes matures et voiles dehors dans les
bassins de la Côte d’Opale pour les faire admirer par les touristes qui afflueront pour partager notre fierté et notre histoire. Avec la CCI, la ville, et les collectivités nous allons
organiser une belle et grande fête maritime et populaire au printemps dont chacun pourra être fier.
Avec mes amis politiques au département, (oui la politique est un noble engagement quand il sert le
bien public et s’intéresse à la vie quotidienne des gens de tous les jours), nous allons continuer à faire progresser la justice sociale, socle du
développement innovant, solidaire et durable du Pas-de-Calais.
Alors cette exaltation et cet optimisme que je voudrais vous faire partager ce soir, pour vous dire mes amis que je ne suis pas Sarko
compatible. Ni Fillon compatible, ni UMP compatible, ni Natacha Bouchart compatible.
1000 hommes de sensibilité de gauche vont parait-il rejoindre des listes d’ouverture en France pour les municipales. Dans une
fédération du Pas-de-Calais qui compte 12 000 adhérents socialistes, je vous laisse juge de l’importance de ces défections ! C’est de toutes façons un leurre.
Certains se trompent de combat et vont aller grossir les maigres troupes de ceux qui ont détruit les emplois de notre région, qui continuent de
délocaliser et de s’expatrier au motif des coûts des salaires en France.
12 personnes de sensibilité de gauche (25%) vont trahir leur soi-disant idéal pour essayer de faire gagner à Calais l’UMP de Sarkozy,
monsieur Bling-Bling, Rolex, château, jet privés et palaces ? Vous devriez selon Sarkozy vendre vos RTT pour gagner plus pendant que lui augmente tout seul son salaire de
170% ?
Mais ces salaires, ces droits à une vie normale, nous les avons conquis. Allons nous devoir vendre nos congés payés après les RTT ? On en
sera revenu à avant 36 et la droite sera contente...
Moi qui suis revenu à Calais pour défendre la création d’emploi, ouvrir des pistes nouvelles, convaincre de la nécessité de
travailler tous ensemble au développement du territoire avec des entreprises innovantes, aider à conforter le tissu des PME locales ; qui ait travaillé avec Charles François et d’autres à un
programme d’union de la gauche où nos idées et notre spécificité soit reconnue, je vous dis que vous ne vous trompez pas.
L’accord à gauche que nous avons patiemment construit est un bon accord.
Nous aurions préféré nous compter. OK. Mais nous allons compter au sein d’une équipe soudée et résolue à règler les difficultés
de nos concitoyens. Ce programme, vous le verrez se décliner jour après jour dans les semaines qui vont mener au vote du 9 mars prochain. C’est un travail collectif, original, innovant et
volontaire dans de nombreux domaines de la vie communale tant sur l’urbanisme, la citoyenneté, le développement économique, l’écologie ou la solidarité.
Je forme donc pour chacun d’entre vous des vœux d’espoir et de lutte apaisée pour nos idées car c’est en combattant les faux
semblants qu’on permet à la vérité d’éclater et à la victoire de poindre le bout de son nez… !